Lorsque l'on me demande de me définir, il y a toujours cette inquiètude qui me transperce l'âme. Dire la vérité sur le sens de son être. Parler de soi ou de son travail, des deux à la fois souvent. Se retrouver sur la tranche d'un miroir comme en équilibre sur une lame de rasoir. Plus je traverse l'existence et moins le sens du temps n'a d'aiguilles. Je ne suis qu'une parenthèse, tatouée elle-même d'une multitude d'autres parenthèses. Mon trésor de vie n'est autre que d'avoir et continuer à goûter à tout ce que je peux, et poursuivre la route sans trop regarder derrière. Réaliste, entrevoir ce qu'il y aura devant mais surtout vivre aussi pleinement que possible l'instant présent, quelque soit l'humeur changeante. Mon unique point de repère étant de décalquer et retraduire ma vision de l'état contemporain dans lequel je ne fais que traverser. Essayer de comprendre, accepter. En suis cette quantité d'images crachées, et peut importe pour moi les techniques employées et autre valeurs marchandes confortantes. Je me bats pour il me semble rester libre, espérer cette liberté à tout ce qui m'entoure, sans pouvoirs malins ni autre aigreur pathologique. Je ne serai jamais de ceux qui parlent aux dieux en baissant les yeux et je dirai toujours haut et fort que l'art n'est rien d'autre que de tenter d'écouter le bruit des âmes et de leurs jouets éphémères, puis jouer à les perdre ou les échanger comme aux jeux de billes dans une cour d'école il y a longtemps, tout simplement. Le reste n'est qu'une question de bêtise organisée.

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